Présentation
De nombreux lieux alternatifs, tiers-lieux, écovillages ou écolieux explorent des alternatives, soutiennent et portent des projets solidaires, proposent des formations, hébergent celles et ceux qui en ont besoin, ou défendent un territoire d’un projet écocidaire porté sur le profit. Chaque lieu ou projet a ses spécificités et cet ensemble de communautés et de collectifs est hétérogène. Le Mallouestan est l’un de ces lieux, l’une de ces communautés cherchant à porter une alternative. Au premier abord, il serait facile de penser ou de caractériser le Mallouestan comme un collectif cherchant simplement à faire pousser quelques légumes et à s’abstraire de la technologie moderne par souci écologique. À vrai dire, cela fait partie du projet mais ce n’est pas l’objectif principal, loin de là. Avant tout le Mallouestan est un collectif – une communauté intentionnelle comme on dirait dans le monde anglophone – qui souhaite créer un contexte de liberté et de sécurité1
Une liberté collective
Comme nous l’expliquons plus en détail dans notre texte « Travail et liberté », la solidarité et le soin sont au cœur de notre vision de la liberté. Au Mallouestan la liberté est vue comme le fait d’appartenir à un collectif, une communauté ou un groupe sur lequel nous pouvons compter ; qui saura, dans les moments de besoin, être solidaire et qui saura défendre nos droits. Cette solidarité passe par une culture de l’entraide, de l’écoute, du soin qui s’organise notamment à l’échelle collective. Le Mallouestan complète sa définition de liberté avec le fait d’avoir la possibilité d’agir et d’influencer le fonctionnement et la direction que prend le groupe. Autrement dit, que chacun-e puisse faire valoir ses envies, ses idées et son avis. Notre définition de la liberté repose donc sur ces deux aspects: pouvoir compter sur le collectif en cas de besoin et avoir un pouvoir politique au sein de ce collectif.
Le Mallouestan cherche donc à développer ce contexte de liberté collective dans un cadre anarcho-communiste antilibéral et écocentriste. Le projet n’est en rien autarcique : bien au contraire, cette solidarité qu’il souhaite développer s’étend aux personnes proches géographiquement, gravitant autour du lieu, aux différents cercles plus ou moins lointains et à toute personne envers qui le collectif pourrait venir en aide.
Des prérequis
Cette ambition ne peut exister sans certains prérequis. On ne peut pas simplement vouloir être solidaires et compter les un•es sur les autres pour réussir à le faire. Le soin, la pérennité et la sécurité au sens plus large nécessitent un nombre de conditions matérielles [d’éléments physiques et concrets] pour pouvoir être mis en place de manière responsable. Par exemple, l’aide et le soin que nous souhaitons porter à nos voisins et voisines ne peuvent être portés seul•es si les personnes concernées nécessitent une aide quotidienne et soutenue. Dans ce cas, il est donc nécessaire d’avoir un groupe, les outils de communication en son sein, les compétences, les différents moyens financiers et techniques. Voilà ce que nous entendons par conditions matérielles. Le Mallouestan construit donc ce socle pour pérenniser nos différents objectifs, notamment nos projets de solidarité. Les différents textes suivants et d’autres documents que nous partageons expliquent comment nous envisageons de construire, ainsi que sur de nombreux points comment nous avons déjà construit, ce contexte.
Les objectifs du Mallouestan
Voici plus d’informations et plus de détails, dans les textes/chapitres suivant :
- Dans « Une solidarité dans l’autonomie » nous expliquons comment nous construisons une solidarité à diverses échelles, pérennisée par un collectif et une autonomie.
- Dans « La mutualisation des privilèges » nous faisons part de comment nous envisageons de réduire de nombreuses inégalités liées à la propriété privée et aux divers privilèges qui accompagnent nos vies intriquées et issues du système.
- Dans « Une convivialité matérialiste non libérale » nous détaillons comment nous envisageons un vivre ensemble échappant aux logiques individualistes.
- Dans « Une vie saine et enviable » nous abordons l’importance que nous accordons à une vie équilibrée autant sur le plan physique et mental ainsi qu’aux moments ludiques, de contemplation, de divertissement et de repos.
- Dans « Une culture et une vie culturelle » nous partageons notre objectif de développer une culture en rupture avec le modèle dominant sans pour autant nous y fermer. Une culture qui met l’accent sur des moments partagés autour d’événements culturels ouverts à tous⸱tes.
- Dans « La recherche et la transmission » nous explicitons l’importance de la démarche expérimentale et la recherche effectuée sur le lieu et au sein du collectif. Cette recherche n’a pas comme seule finalité de solutionner les différents défis auxquels le collectif fait face mais aussi d’apporter des alternatives et des solutions pour d’autres personnes à qui cela pourrait bénéficier.
- Dans « Une cohabitation avec le sauvage » nous détaillons notre objectif écocentriste, anarchiste et solidaire de s’abstraire des logiques dominantes anthropocentrées [centrées sur l’humain et ses intérêts] et écocides.
- Dans « Une culture des techniques démocratiques » nous abordons comment nous souhaitons développer un mode de vie reposant sur des outils démocratiques et non autoritaires. C’est-à-dire des outils qui ne nécessitent pas une gestion centralisée mais qui au contraire peuvent être gérés à l’échelle locale. Nous parlons ici autant des outils matériels (les haches, les fourchettes, un bol) que des outils nécessaires à la vie sociale et au vivre ensemble (communication, gestion de conflit, etc).